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15/08/2011

Test : Grandia

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Support(s) testé(s) : PS1

Synopsis : Justin est un jeune garçon plein d’entrain et désireux de se lancer dans de grandes aventures.
Avec son amie d’enfance, Sue, Justin décide d’aller explorer les dangereuses Ruines de Sult à quelques lieues de son village natal. Nos 2 compères y feront une étrange découverte qui changera leur destin.

Description : Grandia est un RPG entièrement en 3D avec une vue de haut. Le titre propose de prendre les commandes d’une équipe de 2 à 4 personnages, dont Justin.
L’aventure suivra le modèle de progression typique des RPG : village/nature/donjon. Une mappemonde en 2D invitera, d’ailleurs, à relier les différents environnements du jeu en empruntant des chemins prétracés.
L’univers, mêlant heroic-fantasy à la japonaise et ère industrielle, est composé d’environnements classiques mais variés : port, mer, plaine, grotte, jungle, temple, désert, marais…
L’ambiance est bon enfant et le style général tend fortement vers le manga, surtout avec les avatars. L’épopée proposera, d’ailleurs, quelques scènes cinématiques semblant tout droit sortir d’un dessin animé à la croisée entre un Miyazaki et un René Laloux.
L’élément principal qui différencie Grandia des autres RPG concerne le système de combat. En effet, les combats, au tour par tour, incluent une notion de jauge ATB tout à fait spéciale : chaque coup donné par un attaquant sur un adversaire permettra de ralentir la vitesse de la jauge ATB dudit adversaire, et donc de repousser son tour d’attaque. Ce mécanisme invitera à réfléchir à 2 fois avant de lancer une action, et incitera fortement à attaquer plutôt qu’à se défendre. A noter que les ennemis sont visibles lors des phases d’exploration. Il est donc possible de les éviter.
Du côté du système d’évolution des avatars, on est dans du classique, avec un gain de points d’expérience après chaque combat. Mais Grandia propose également de faire évoluer le maniement des armes et  l’apprentissage des magies en fonction des actions effectuées en combat, un peu comme dans Final Fantasy II.
La difficulté du titre n’est pas énorme quand on sait prendre son temps. En dehors de quelques passages tendus, principalement des boss, le jeu se parcourt assez aisément pour peu que l’on fasse un minimum d’xp et que l’on soit bien organisé. Cependant, l’épopée m’a quand même semblée éprouvante. En terminant le jeu, j’ai vraiment eu la sensation d’avoir couru un marathon. Ceci est certainement du au système de combat qui nécessite beaucoup d’implication.

Avis : Grandia fait parti de ces titres pour lesquels ont sent tout de suite que l’équipe de développement (Game Arts) a mis ses tripes dans jeu. Cet engagement de la part des développeurs se perçoit notamment dans le degré de finition du titre, qui lui-même se mesure avec des petits détails -mais des petits détails importants-, comme certains objets du décor qui vont bouger ou émettre un bruit si on entre en collision avec, ou tout simplement comme le fait que l’on rencontrera, dans les villages, beaucoup de PNJ ayant tous des trucs à dire même si ça ne sert à rien pour l’aventure. Ces éléments, aussi anecdotiques puissent-ils paraître, constituent une preuve que Game Arts ne s’est pas foutu de la gueule du joueur.
Même sans tenir compte de ces détails, il suffit de considérer le système de combat de Grandia -un modèle du genre- pour comprendre que le jeu a été chiadé. Rarement dans un RPG les fights n’auront été aussi haletantes. La question « j’attaque ou je me soigne ? » se posera plus que jamais, surtout contre certains boss qui n’hésiteront pas à enchaîner les coups à la moindre baisse de rythme du joueur.
Le périple en lui-même vaut également le détour. Il est consistant (beaucoup de lieux à visiter, très bonne durée de vie), et relativement excitant, car il prend la forme d’une véritable aventure autour du monde à la recherche de civilisations perdues.
Alors il est vrai que l’histoire pèche par son manque d’originalité, mais le jeu arrive quand même à marquer son identité grâce au style de l’univers (très bien retranscrit dans les cinématiques à mi-chemin entre Le Château dans le Ciel et La Planète Sauvage) et au chara-design absolument génial.
A propos du chara-design justement : non seulement le dessin en lui-même est très réussi -ni trop sobre ni too much-, mais en plus, la personnalité des avatars est travaillée et recèle beaucoup de facettes. L’humour, qui fait généralement parti intégrante d’un personnage profond, est évidemment de la partie. Néanmoins, les protagonistes manquent peut-être d’un petit côté dramatique, que l’on retrouvait, par exemple, dans Final Fantasy VI.
Je ferai, d’ailleurs, exactement la même critique au scénario, qui peine du coup à prendre une profondeur et une envergure démentielles. Ceci fait que Grandia m’a finalement un peu frustré. J’ai toujours eu une grande motivation à progresser, car le jeu fait tout pour attiser la curiosité du joueur en distillant drastiquement des éléments sur ce que l’aventure réserve par la suite, mais je n’ai jamais été totalement comblé ni par le scénario ni même par les lieux que j’attendais le plus de découvrir.
J’espérais un énorme renversement de situation ou la découverte d’un endroit vraiment bluffant prenant une place centrale dans l’aventure. Je n’ai eu malheureusement droit qu’à des petits retournements dans le scénario et à quelques passages insolites, certes sympathiques, mais courts et pas assez mis en avant.
L’OST est d’ailleurs en cause. Elle reste de très bonne qualité, mais manque d’airs musicaux percutants qui auraient pu permettre d’appuyer les passages forts du jeu pour augmenter leur impact émotionnel. J’ai compté seulement 2, voire 3 pistes qui sortaient du lot.
Un dernier mot pour revenir sur les combats. Je l’ai dit, ils sont géniaux. Cependant, la durée des bastons est un peu trop longue à mon goût, notamment lorsqu’on l’on utilisera beaucoup la magie, car chaque sort nécessitera une petite scène d’invocation de parfois presque 10 secondes. Ceci pourra poser problème quand de nombreux combats s’enchaîneront.

Verdict : Grandia propose une une Aventure avec un grand « A », et bénéficie de l’un des meilleurs systèmes de combat que je connaisse pour un RPG. Néanmoins, j’ai trouvé que le jeu manquait de passages vraiment tripants, peut-être à cause d’une OST en retrait, et que la durée de chaque combat s’étalait trop pour que l’on prenne vraiment plaisir à enchaîner les bastons en grand nombre.

 

Commentaires

D'abord, je tiens à dire que Grandia est un de mes jeux préférés. Je trouve ce RPG largement au niveau des Final Fantasy sur PS1, et donc se place pour moi parmi les plus grands RPG ever.

Le but de Grandia est de faire vivre l'Aventure, vivre un voyage merveilleux à travers les yeux du personnage très sympathique qu'est Justin. Celui ci murira largement au cours de son aventure, et passera d'un adolescent à un homme qui connait ses responsabilités.

Le tout est un peu cliché c'est vrai, une histoire d'amour, des combattants féroces, des au revoirs et une quête qui fini sur sauver le monde. Néanmoins Grandia a une identité qui lui est propre, et les sequences cultes ne manquent pas. Que ce soit l'escalade du "bout du monde", la tour des mirroirs dans lequel un personnage devra se sacrifier, ou bien la fameuse Alent.

Même si le systeme de combat - et d'evolution des personnages - est révolutionnaire, il est vrai qu'un des défauts du jeu sont les incantations des sorts qui marquent de sacrée temps mort en combat, qui pourtant se voulait acharnés.

Mais ce sur quoi tu te trompe réellement, c'est sur l'OST du jeu. Je te suggère d'ailleurs d'aller la réécouter entièrement.
Enormement de pistes sont cultes, les thèmes de villages sont bons, les thèmes emotions extremement bien concu et il y a une pléthore de thème épique tout le long du jeu. Pour moi c'est probablement une des meilleurs OST de la PS1/Saturn, ca en dit long. Le compositeur, Iwadare, est d'ailleurs un des meilleurs compiteurs japonais, et son travail sur Grandia est excellent. Edge of the world, Mullen, theme de Grandia, Farewell, Farewell to sue, theme de Gadwin, et j'en passe et des meilleurs.

Bref, un jeu assez méconnu au final, mais un must have. C'est bien que tu connaisse ce jeu quand même. Car même si ton avis est différent du mien, il vaut mieux un avi que passer à coté de perle comme celle-ci.

Écrit par : Ouroboros | 20/01/2013

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